Le crime de la rue Saint-âne

Ju'âne Pedro


Le crime de la rue Saint-âne



Prologue


Marco ne répond pas, il la laisse répéter ses litanies en regardant la télé.
Parfois il lâche un soupir puis ferme les yeux en méditant.
Il médite Marco, il cogite beaucoup et son cerveau ne se repose guère.
Elle parle sans pause, un débit effrayant, les mots tournent et valsent, se cognent contre les murs, reviennent résonner dans son encéphale épuisé.
Bon, c'est décidé, il va la tuer, mais comment, that is the question!
Il a lu tous les polars sur le crime parfait, mais bon, avec l'ADN, difficile d'échapper à la police.
Il a bien pensé lui faire lire du Sollers, mais cela lui semble un rien inhumain.

Tout en parlant , Cécile regarde son homme, il est laid, repoussant, elle le déteste!
Il baille dans une haleine putride devant sa télé où s'agitent des marionnettes en short qui se disputent bêtement un ballon sous l'oeil sévère d'un homme en noir qui siffle comme un merle au printemps.
Elle le traîne depuis vingt ans comme un boulet.
Elle qui était si canon, cette cohabitation l'a transformée en vieille antiquité poussièreuse, nerveuse et bavarde.
Bon, c'est décidé, elle va le tuer, mais comment, that is the question!
Elle a bien pensé lui faire lire du Bernard Henry Levy,mais cela lui semble un rien inhumain.



Chapitre I




- Ah galère de galère, peuvent pas se faire assassiner au rez-de chaussee, c'est toujours pareil, sixème sans ascenseur, pas se foutre de la gueule du monde quand même.

- Ben commissaire , c’est pas d’leur faute, mais bon, c’est pénible pénible !!!!

Le commissaire Dèfaice bougonne en grimpant l’escalier de cet immeuble un peu fatigué par les années.
Phil Douh, son adjoint , souffle comme une armée de bovins que l’on mène à l’abattoir.

- Encore un étage, zont d’ la chance d’être morts les blaireaux …
Sixième sans ascenseur, si c’est pas pour faire chier la police encore !

- C’est bien vrai commissaire, z’en profite d’être mort pour emmerder l’monde !

Sur le palier, le souffle court et rouge comme un beaujolais nouveau, les deux dignes représentants de l’élite policière s’appuient contre le mur, très genre téléfilm de la « 6 ».

- Eh patron, sont mort, pourquoi qu’on se la joue commissaire Sansontono ?

- C’est la procédure imbécile, si t’étais commissaire, tu le saurais !

-Ouis mais les pompiers…

- Tais toi, qui commande bordel ?


- Vous commissaire …

Serdèfaice donne un violent coup de pied dans la porte qui refuse de céder.
Phil baisse la poignée et ouvre.

- Ok, suis pas commissaire moi, mais bon…

L’appartement respire la médiocrité et le papier peint moisi.

- Ca sent la mort ici commissaire…

- Justement, la viande froide est prête à l’emballage !

Dans le salon sans charme semblent dormir deux corps un rien pâlots et calmes.

- Les pompiers auraient pu nous attendre quand même !

- Doivent patienter au bistro, faut dire que six étages, ça donne soif.

Phil sort de sa poche intérieure un flacon de remonte bonhomme rempli d’alcool de contrebande saisi à un délinquant pris en flagrant délit.

- Pas de doute Phil, c’est bien un bel assassinat, regarde, les armes du crime.

Deux innocents livres de Sollers et Lévy se prélassent sur la moquette usée et tachée.
- Vous croyez que la lecture les a tués commissaire Dèfaice ?

- Je veux bien croire qu’ils sont assommants ces deux blaireaux…
Non, ils ont reçu le livre sur l’encéphale, ça pardonne pas, surtout quand y’a pas de cervelle pour amortir le choc !

Il tapote le crâne rasé de frais de Phil.

- Pour moi que vous dîtes ça m’sieu Dèfaice ?

- Mais non, toi t’es un génie, un futur prix Chantal Nobel que tout le monde a oublié !
Tu respires l’intelligence et l’hygiène approximative, non Phil, si t’as été reçu avec la mention « camembert vin rouge ordinaire » à ton C.A.P. d’inspecteur, c’est clair que t’as le minimum syndical dans ta boîte à comprenette.

- Vous me rassurez commissaire Dèfaice !

La sonnette claironne soudain à l’entrée.
Alméric Dormieu, sergent chef des sapeurs pompiers de Saint-Boîtonvin attend sagement qu’on lui dise d’entrer.

- Oui, c’est pour quoi t’est ce que ??????

- Sergent chef Dormieu , pompier volontaire !

- Ah, c’est vous qu’avez découvert les corps.

- Oui monsieur …

- commissaire Dèfaice !
Et vous les avez laissés tout seul, avec tout ce qu’on voit de nos jours ??????

- Vu leur état, risquaient pas de se faire la malle…

- Il a raison, commissaire, c’est pas maintenant qu’ils vont danser au bal des sapeurs pompiers les pauvres…

- Phil, ta promo avec la poignée d’euros en option , tu l’as eue????

- Pas encore m’sieu l’comm…
- Dommage, vraiment dommage…
Annulée la promo, à la rue tu vas finir, la circulation, oui, la circulation !!!!!!

- Me plaindrai à mon syndicat !

- Bah, tu peux toujours, moi le Pout, c’est mon pote, une bouteille de Morgon et hop,
compte plus sur lui pour te défendre.

Phil hausse les épaules et soudain :

- Regardez commissaire !

Serdèfaice s’approche des deux cadavres…et s’écrie :

- Bon sang mais c’est bien sûr !!!!!!



Chapitre II



Alméric Dormieu , commissaire Dèfaice et Phil Douh dégustent avec gourmandise un pastis gracieusement offert par les deux corps inertes.

- Regardez les gars, c’est un emballage de seringue, on les a drogués, voire empoisonnés , c’est limpide comme l’eau claire avant pastis.

- Z’avez l’œil commissaire !

- Je sais, pour ça que j’suis commissaire, « bas d’l’échelle. »

- On s’en reprend un ?

- Doucement Alméric, pas abuser d’nos hôtes !

- Fais pas l’idiot Phil, remets- nous ça si tu veux ta promo.

- A vos ordres commissaire.

- Bon, on verra bien à l’autopsie ce qu’il en n’est.

Le commissaire se lève , sort son portable et pianote fièvreusement.

- Bon, en ce moment, sont débordés les légistes, on va demander au tripier du bourg de bricoler nos clients.
Faut tout faire soi- même, quelle galère !!!!

- Commissaire, le tripier , vous croyez qu’il va nous renseigner ????

- Pas de blème Phil, question poisons, il s’y connaît et la boîte à tripes, c’est son métier.
Bon, Dormieu, vous surveillez les deux viandes froides, on va interroger les voisins.
Le boucher va passer les prendre à la fermeture de son distributeur à cholestérol.

- Pas de blème commissaire , je les surveille , pis, suis en bonne compagnie.

Il se sert un grand verre de breuvage anisé.

Le commissaire et son inspecteur quittent l’appartement du crime et sonnent chez le voisin de palier .
Un homme maigre et la barbe naissante ouvre avec comme un soupçon de méfiance.

- C’est pour quoi ?

- Commissaire Dèfaice et inspecteur Douh !
On peut entrer ?

- C’est pas moi, non, je n’ai rien à voir avec cette histoire, laissez moi tranquille, je suis innocent !

D’un coup d’épaule , Dèfaice fait sauter la chaîne de sécurité de la porte du geignard.

- En progrès, commissaire ! ironise Phil.

Le regard noir du commissaire l’invite au silence.

Il prend le mal rasé au col et le secoue comme un orangina en pleine publicité télévisée.

- Alors comme ça tu nous chantes la messe avant d’entrer dans l’église.
J’aime mieux t’prévenir ou tu parles tout de suite ou je te cuisine avec cornichons doux et vin blanc de chez Dormieu.

- Pas sur la tête siouplait, j’ai mes tiroirs à pensarde qui se mélangent grave…

Dèfaice lâche le pas trop propre sur lui et le recoiffe d’un geste de la main.

- T’inquiète pas, la torture , c’est pas le genre de la maison, avec nous, tout ce que tu risques, c’est de tomber du sixième étage, sans douleur, sans souffrance, avec douceur, ta vilaine tête mal rasée écrasée sur le bitume.

- Commissaire, je veux bien le balancer par la fenêtre mais ma promo…

- Tu l’auras, allez, je te le laisse !!!!

Mais sous les yeux ébahis de nos deux compères, le qui sent pas trop bon bondit comme un félin, ouvre une fenêtre et se jette dans le vide.

- Et bé, si on peut plus rigoler sans être pris au sérieux !

- Tu l’as dit, Phil, les gens n’ont plus d’humour de nos jours !

Une flaque de sang décore la monotonie grisâtre du parking.
L’homme ne parlera plus , c’est clair !

- Bon, Phil, préviens les confrères pour le ménage, ça fait désordre !

Dèfaice entreprend une fouille en règle de l’appart.
Bien triste cette cage à désespoir, ça sent l’anti dépresseur et l’ennui .
Il se dit qu’il a bien de la chance d’avoir une vie aventureuse.
Il éteint la télé et regarde autour de lui.
Des meubles sans valeur décorent une salle à manger salon .
Il ouvre quelques tiroirs, bouscule deux ou trois objets et tiens…

- Bon commissaire, les collègues passent prendre le colis en mauvais état.

Le commissaire se lève avec un air mystérieux :
- C’est quoi ça Phil ?

- Ben, une seringue commissaire…

- Et oui Phil, une seringue…

- Vous voulez dire qu’on tient déjà le coupable ?

- Doucement Phil, doucement, on n'est qu’au début du polar, alors, du calme !




Chapitre III




Le commissaire ouvre la porte de son pavillon , le courrier du jour dans les mains.
Il pleut, ça le rend triste comme la vie et son chat de gouttière « De Gaulle » ne parvient pas à le faire sourire.
Quelle merde !
Une histoire de dingue, les gens sont dingues !
Il pose son flingue sur la table en se disant qu’il buterait bien quelqu’un ce soir.
Tiens, le petit con qui lui a volé sa femme, une balle dans la tête et hop, terminé !!!!
Bon, il a rien contre les facteurs, mais celui la …
Une bonne idée d’avoir planqué chez lui de la chnouf pour l’envoyer en taule, mais les collègues n’ont pas été dupes.
Enfin, comment rivaliser ?
Il a vingt cinq ans le gamin, elle trente huit et lui bientôt cinquante cinq…

Il caresse De Gaulle avec tendresse.
- Toi, au moins, tu restes avec moi.

L’idée de jouer les Charles Bronson genre justicier de la ville le reprend.
Buter tous ces merdeux qui pourrissent la vie des honnêtes gens !
Oui, faut que ça saigne !!!!!!!!
Pourtant, il n’est pas du tout extrémiste, on le soupçonne même de voter à gauche, mais bon, il se défoule !
Il balance le courrier dans une corbeille en rotin et ouvre une boîte de raviolis qu’il mange sans prendre le temps de les verser dans une assiette.
De Gaulle monte sur la table et réclame sa part tout en miaulement autoritaire.

- Tiens, finis Ducon !

Il termine la bouteille de Saumur rouge et va prendre une douche.
De Gaulle s’active dans la boîte, les moustaches orange et le ronronnement satisfait.
La pluie continue son numéro de claquette sur le toit, comme disait Claude et Dèfaice sort de la douche en se frottant les yeux.
Il allume sans conviction la télé et se cale dans le grand fauteuil de cuir noir, De Gaulle sur les genoux.

Les infos lui martèlent le cerveau.

- Bande de cons !!!!!

De Gaulle l’observe, inquiet, puis se rendort.

Il n’a pas envie d’écouter ses messages sur le répondeur, ras le bol de tout, oui, ras le bol.

Puis, il repense à l’affaire.

« Bon, résumons :
Le sergent chef Alméric Dormieu reçoit un appel anonyme signalant un grave rififi chez les Laroutourne.
Les pompiers arrivent sur les lieux et découvrent les deux macchabées.
Bon, je débarque avec Phil et découvre deux bouquins près des corps.
Sollers et Levy.
Plus troublant encore, l’emballage d’une seringue jetable.
Bon, on laisse Alméric surveiller les Laroutourne pendant qu’on va bavarder gentiment avec le blaireau d’en face.
Ce con se jette par la fenêtre sous nos yeux.
Je découvre une seringue planquée dans un tiroir.
Bon, pas de quoi en faire un roman de cette histoire, quoique de nos jours, on raconte n’importe quoi, même sa vie pour faire du pognon. »

De Gaulle dresse la tête et semble approuver d’un hochement de tête bien féline.
Le pinard aidant, il s’endort, le chat sur les genoux.



Chapitre IV



La sonnerie perçante du téléphone réveille brutalement le commissaire Dèfaice.
De Gaulle bondit sur la moquette en miaulant !
Il regarde sa montre, pas De Gaulle, le commissaire.

- Putain, une heure du matin !

Contrarié, il décroche.

- Allo !

- C’est Phil commissaire…
- T’es malade de me réveiller à une heure pareille…

- Commissaire, faut qu’vous passiez chez moi en urgence !!

- Ca peut pas attendre demain ?

- Non, venez vite ! Avec annonces !

- Ok, j’arrive !

Un bruit de coup résonne dans l’appareil , il entend un cri étouffé et plus rien…On a racroché.

Le commissaire Dèfaice sait que la situation est grave.
Phil n’utilise jamais leur code à tort et à travers.
« Avec annonces » veut dire, attention danger !
Il glisse un P 38 dans une chaussette, c’est froid, mais bon …
De Gaulle le fixe avec inquiètude, semblant lui dire « Je t’ai compris »
L’animal pressent le danger, c’est bien connu.

Le pavillon des Douh est de plain - pied et bien éclairé par de larges baies vitrées.

Les chaussures du commissaire crissent sur les cailloux blancs comme dans les polars à deux balles.
L’angoisse humidifie son front large et volontaire.
Il sonne.
Une armoire à glace ouvre brutalement et pointe un magnum sur sa tempe.

- Salut volaille, on t’attendait.

- Doucement avec notre ami, doucement…

Le commissaire aperçoit une petit brun, genre teigneux .

- Prends lui son flingue , ordonne le petit chef un rien nerveux.

- Il est pas armé ce con !

Monsieur et madame Douh , assis sur le canapé, lancent un regard réprobateur à Dèfaice.

- Assieds- toi et si tu bouges, t’auras des courants d’air dans la brioche, j’aime mieux t’prévenir commissaire de mes deux .

- Commissaire Dèfaice, si ça ne vous dérange pas, ironise le courageux représentant de l’ordre.

- Fais pas le malin avec moi !

Un coup violent fait vaciller la solide carcasse de Dèfaice.

Le petit teigneux approche avec douceur.

- Bon, tu vas tout nous dire hein, sinon, on va buter ton pote, sa femme, son chien et pour le final, t’auras droit toi aussi à une dragée sans baptême à la Santontono .

- Mais dire quoi bordel , la messe en latin, un discours du premier sinistre, le dernier tube d’Elie Nad, enfin quoi, explique toi !
Ca se pointe chez mon adjoint en se la jouant remake de la maison des otages, ça veut tout savoir et rien payer et ça cogne en plus.

Une gifle avec chevalière agressive ensanglante le visage buriné du policier.

Le petit teigneux le tire par les cheveux.

- Me prends pas pour un demi sel, donne nous le micro film ?

« Ah, galère, nous v’la bien, un polar genre année soixante, bon, pas de ma faute, mais je ne réfléchis pas quand je tape sur le clavier »

- Donnez lui commissaire , ils vont nous dessouder et bonjour la moquette.

- Ah Phil, ton humour te perdra !

- Ne provoque pas inutilement ces messieurs, Phil, sermonne madame Douh.
Voulez vous prendre un verre de vin de noix avant de nous descendre.

- Ah , la vieille qui veut nous trouer l’estomac avec son débouche évier, va y avoir de la viande froide plein le frigo, je préviens, hurle le petit brun.
Le micro film bordel !

- Bon, ok, après tout, je m’en fous royalement !
Tiens, le voilà, donne moi tes mains !

- Les voici !

- Les autres !

- Les autres ?

- Aucune culture ces délinquants primaires murmure Phil.

Et la les copains copines, l’action se déroule à une telle vitesse que je suis obligé de vous l’écrire au ralenti, vu que , au niveau de la comprenette, c’est pas nobélisé chez vous, c’est clair !!!!!

Serdèfaice bondit comme un De Gaulle qui réclame sa gamelle et sort le P 38 ( c’est un flingue Elie, pas la peine de faire tes yeux de grenouille ) et tire sans sommation (ce qui est illégal, mais bon, ça reste entre nous, pas la peine de lui faire des ennuis au tit policier, déjà que la commissaire est parti avec un jeune facteur) sur l’armoire à glace qui tombe lourdement sur la moquette en la décorant de jolies taches rouges .
Bon, voilà, le gros est sulfaté.
Tu penses bien Elie, même si tu suis l’action que d’une fesse que le teignard ne tricote pas pendant ce temps là.

Phil , les mains attachées derrière le dos lui donne un coup de tête pendant que mâme Douh lui taquine les gesticules avec son pied gauche, car elle est gauchère la brave dame.
Le teigneux hurle et lâche son flingue.
Dèfaice l’achève d’une manchette qui évitera à notre petit brun des frais de dentiste à l’avenir.

- Ouf, il a son compte le blaireau.

- Oh commissaire, quel courage, je peux vous embrasser ?

- Eh doucement, suis la moi !

- T’inquiète pas Phil, juste un baiser à la Gary Cooper comme dans l’arrière- train sifflera trois fois.

- Bon alors, pas de lézard commissaire, on vous doit bien ça !



Chapitre V





- Mes respects commissaire, on passe pour le ménage.

- Allez y les gars, une viande froide à embarquer et un teigneux à rafistoler.

- L’a l’air mal en point !

- Non, c’est rien, avec deux étagères à ratiches et une paire de balles de ping pong de chez Elie, ça devrait le remettre sur pieds.

Les deux spécialistes du nettoyage au karcher s’activent avec la précision des pros.

- Gaffe au teigneux les gars, à part ses dents, il a rien craché, mettez le comme d’hab, rayon colis en attente .
On va le cuisiner demain .

- Pas de blème patron , on s’en occupe !

- Bon, Phil, je vous laisse les amoureux, pardon pour la moquette.

- Pas grave comm., on d’vait la changer alors, ça tombe bien…hein Phil ?

- Pour tomber ça tombe, quelle hécatombe !!!!!

- On est payé au sulfatage , alors, pas se prendre la tête garçon.
Allez, repose toi bien , demain, va falloir qu’il s’allonge le teigneux.
- Vous dînez avec nous comm. ?

- Non merci madame Douh, De Gaulle m’attend !


Bien calme le quartiers ce soir…
L’envie de buter un blaireau le reprend.
Traumatisé sans doute par les films de Bronson, il promène son regard d’acier autour de lui.
Sa Clio décapotable à pot d’échappement sortie platine brille de mille feux aux lumière de la bourgade.
Un groupe de délinquants vêtus de douteux costumes cravates noires avec chemises blanches traîne ses pompes vernies sur l’asphalte.

« Que fait Sarko, bordel » bougonne t-il genre Raimu dans la chatte et le prisonnier, avec dans le rôle de Fernandel, la vache Marguerite.

« Bon, allez, j’en bute un, après tout , c’est bientôt mon anniversaire » !

Il sort de sa Clio à pot d’échappement à sortie platine !

« Non au capitalisme triomphant » hurle t-il, très Arlette L’habillé.

Aussitôt, les délinquants potentiels réagissent violemment !

- Tu crois vraiment que le communisme a fait le bonheur de l’humanité ?

Le petit con à lunettes et tâche de verdeur se la joue un rien supérieur.

- Laissez tomber les gars, il a bu le monsieur, ricane un grand sec .

- On lui donne une bonne correction, juste pour dire on existe, quoi, il nous cherche !

Et un petit gros à la face de pitt bull sort une matraque en plastique massif avec poignée dorée à l’or épais.

- Bon, ok les gars, on lui brise juste les genoux en camarade et quelques côtes, on n’ est pas des violents nous , ironise le petit con à lunettes.

Le commissaire laisse le pitt bull s’approcher et en moins de temps qu’il ne faut à Elie pour t’écrire une zique , il sort son P du Pout.

- Il a un flingue ! hurle le groupe au bord de la panique.

- Bon, les gars, qui est volontaire pour se faire descendre le premier ? Levez les mains !

Ils s’exécutent en attendant de l’être.

- Tous partant pour une dragée dans le tiroir à saucisses, bravo quel courage !!!!

Le petit con à lunettes risque un zeste de plaidoirie !
- Monsieur, c’était pour rire, on n’est pas des voyoux, on travaille , on est bien insérés, on est l’élite de demain.

- Bon, ok , tu sera buté en premier compatit le commissaire Dèfaice.
Approche stp, bon, t’es prêt ?

Le petit con à lunettes tremble comme un petit vieux en retraite .

Le P du Pout lâche sa terrible vapeur toxique !
Le petit con à lunettes s’écroule , le visage vert, bleu, cramoisi, rouge, revert, très ambiance discothèque.

- Il a son compte, désolé les gars, c’est pour mon anniversaire.

- Il est mort risque le pitt bull ?

- Ah si le P du Pout était mortel, je ne serais pas la pour écrire ces inepties.Dèfaice donne quelques gifles faussement câlines sur les joues verdâtres du petit con à lunettes.
Il finit par se réveiller et vomit vingt trois centilitres d’un liquide de la même couleur.
Les yeux apeurés, il regarde autour de lui.

- Ben, suis pas mort ?

- Pas encore gamin, mais bon, vu ton jeune âge, tu peux espérer vivre on va dire environ soixante ans, mais faut te tenir peinard et pas emmerder le monde , ok ?

- Oui monsieur, vous pouvez compter sur moi !

- Allez les jeunes, rentrez chez vous et révisez votre table de neuf si vous voulez finir ingénieur ou pire , sinistre de la république !

Le troupeau s’éloigne lentement pendant que le petit con à lunettes revomit sur le trottoir.

Le commissaire monte dans sa Clio à échappement avec sortie platine et rentre chez lui en se disant qu’il a sans doute remis dans le droit chemin une bande de délinquants sauvageons et karchérisables .

- Tiens, j’ai pas fermé à clé, faut que je stoppe la limonade citron vert !

Il pousse la porte avec inquiétude et s’étonne de l’abscence de De Gaulle.
Sur la table du salon, écris en rouge, ces quelques mots :

« Si tu veux revoir ton chat vivant, rends nous le micro film »

- Ah les salauds, ça va sulfater sérieux !

Puis, terrassé par la douleur, le preux policier s’écroule en larmes.




Chapitre VI




C’est chez tante Yvonne que le chat volontaire et rebelle De Gaulle avait découvert sa passion pour l’indépendance.
Il cohabitait néanmoins avec Pétain, un vieux raminagrobis sournois et conservateur .
De Gaulle prônait une défense de territoire offensive avec tête de pont pour mieux contrôler l’ennemi.
Le vieux Pétain restait partisan d’une ligne « monmulot » qui disait-il assurait sans souci la protection du coin de jardin de tante Yvonne.
Quant la bande du chat noir à moustache carrée les avait attaqués, De Gaulle s’était battu toutes griffes dehors .
Le vieux Pétain, après une ébauche d’esquisse de semblant de combat, capitulait et pire pactisait et collaborait avec le chat noir à moustache carrée.
La paix signée à Mangeoire , le chat noir et sa bande s’installaient chez tante Yvonne.
De Gaulle, refusant la défaite, filait à l’anglaise et se réfugiait chez le commissaire Dèfaice qui l’adopta.
Le bouillant félin continuait, du territoire Dèfaicien, de coordonner la résistance contre l’occupant.
Détournement de mulots, attaques surprises de l’arrière garde du chat noir, miaulements subversifs et codés etc…
Sa liaison avec Zoé, une chatte de l’assistance, lui apporta soutien et énergie.

C’est en préparant une opération contre la bande du chat noir à moustache carrée que De Gaulle se fit cueillir par deux individus cagoulés et armés jusqu’au dentier.
Prisonnier dans un panier en rotin, il attendait , avec le courage des héros, le moment d’inattention de ses ravisseurs pour s’échapper.

Zoé, chatte de l’assistance incarnait indépendance et dynamisme ce qui la rapprocha de De Gaulle .
Après l’attaque brutale de la bande du chat noir à la moustache carrée, Zoé fut l’une des premières à suivre De Gaulle qui l’invita à partager sa litière chez le commissaire.
Mais Zoé , en chatte indépendante préféra lutter contre l’occupant sur le terrain .
Sa liaison avec De Gaulle était connue de tous, mais personne n’osait en parler.
Parfois, on entendait un miaulement caractéristique dans les cotonéasters ce qui énervait madame Pincedubèke, propriétaire du pavillon voisin.
Zoé n’avait rien perdu de l’enlèvement de De Gaulle.
Elle retrouva très vite la trace de son amant .

Le commissaire Dèfaice ouvrit l’armoire à confitures, héritage de son oncle Factibus, éleveur de serpent vénéneux sur la côte ouest de la bourgade.
Il s’empara d’un geste décidé du fusil à pompes soldées et sortit une boîte de balles à vin blanc puis, avec des gestes très Stalonien, enfila son blouson kaki, kamoi, saisi à un chasseur d’escargots sauvages pris en flagrant délit (tiens, t’es dans le mot, Elie) de braconnage.
Un petit rictus trahissait sa rage et sa détermination d’en découdre avec les kidnappeurs.

- Ces salauds vont bien finir par appeler !

Un petit bruit de grattage de porte le fit sursauter.
Il ouvrit brutalement la porte, mais Zoé ne se laissa pas intimider.

- Miaou mi mi miaou !!!

- Ké tu veux ma belle, il est pas là De Gaulle…mais c’est son collier !!!!!

- Miaou ou ou la sui mouaaaaaa !!!!

Zoé recula d’un pas, puis , retournant la tête de temps en temps, marcha vers le lieu de détention de De Gaulle.

Le commissaire suivit Zoé, armé de son fusil à pompes soldées pour une misère.

Ils marchèrent côte à côte pendant 2h 21 mn et 43 secondes puis stoppèrent devant un pavillon en briques rouges non salissantes aux éruptions sanguines.

Commissaire rampa dans l’allée , le fusil à la main suivi de très près par Zoé.
C’est à ce moment précis qu’il décida de passer du mode imparfait au présent de l’indicateur.


Dans la cuisine du pavillon en briques rouges non salissantes gna gna gna, les deux vilains plus en cagoule finissent une bouteille de champagne de chez Elie.

- Bon, on l’appelle le poulet ?
- Attends un peu, laisse le mijoter !

Zoé rejoint De Gaulle tandis que Dèfaice entre doucement par la porte entrouverte.

Il pénètre dans la cuisine avec la vivacité d’un renard qui court après les poules du père Latulipe qu’est touJours en train de regarder madame Pincedubèke quand elle vient chercher les œufs pour confectionner les gâteaux à l’anis pour les enfants de la belle- sœur de sa cousine Germaine qu’aurait préféré s’appeler Ninon, mais bon, c’est comme ça…

Les deux anciens cagoulés et désormais à visage découvert sursautent.

- Les paluches sur l’encéphale sinon ça va raisiner !!!!!

Les deux anciens cagoulés et désormais à visage découvert , tétanisés ou tétalamenthe, s’exécutent sans discuter !

- Où est De Gaulle ???????????????

- Miaou !

Le commissaire tourne la tête et aperçoit son De Gaulle, menton relevé et haut sur pattes.

Les anciens cagoulés en profitent pour tenter une tite action subversive.
Le premier a droit à un troisième œil, quand au second, la balle le frappe dans la boîte à cervelle.

- Encore deux viandes froides, quelle galère !!!
J’èspère que l’patron va pas me demander des comptes, j’ai pas envie de relire tous les chapitres.


Chapitre VII



Hidelgarde Havu pianote nerveusement sur son bureau.

- Ce con de commissaire Dèfaice est encore en retard, ras le bol de ces subordonnés qui ne respectent pas la hiérarchie!!!!!

Hildelgarde, la quarantaine frémissante , dirige avec une poigne de fer la section "Tites affaires spéciales et compliquées".

Elle a su, dès le début, se faire obéir par les machos de la police du coin.

Sa beauté digne des plus belles volailles de madame de Fontenay n'a d'égale que l'élégance de sa dialectique.

Le commissaire Dèfaice frappe deux coups secs sur la porte directoriale.

- Entrez !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- Bonjour madame la directrice de la police judicieuse, escusez mon retard, mais l'autre blaireau de Jean-Pierre n'en finit pas d'écrire un new chapitre.

- Toujours de bonnes escuses pour faire chier le monde, commissaire de mes deux...
Assis!

Dèfaice s'amuse du langage raffiné de madame Havu.

- Vous foutez pas de ma gueule, c'est pas le moment!!!
Bon, alors, on fait le point de l'hécatombe!

Le commissaire respire un bon coup et résume la situation.

- Un couple , les Laroutourne, se fait buter dans son appart.
Le voisin, le professeur Kalbourdon, se jette par la fenêtre de son immeuble.
Des enfoirés enlèvent Degaulle et ça se termine par un bain de sang.
Et tout ça pour un micro film qu'on ne sait même pas s'il existe!!!!

- Bon, les viandes froides sont au frigo , définitivement muettes, mais l'autre , le survivant, il a parlé.

- Hélas, il est mort!

- ça commence à faire, p'tète stopper les conneries!

- Bon, il nous reste juste l'histoire du micro film.

Hidelgarde se lève brutalement:

- Ecoutez demi-sel, j'aime mieux prévenir, je veux des résultats et rapide bordel!!!!
Alors, bougez vo'te cul dans le service, sinon, ça va rétrograder boulevard de la circulation, merde alors!!!!

Elle donne un violent coup de poing sur son bureau ce qui fait sonner le téléphone.

-Allo !
Oui, bonjour!
Oui, en plein boulot , c'est pas le moment de m'emmerder !!!!!!
Bon, écoute Anicet, on verra ça plus tard!!!!
M'emmerde pas avec tes tripes au vinaigre!!!!!
J'ai l'autre tête de veau en face de moi, ça me suffit!!!!
Oui, oui, oui, oui, non, si, oui !!!!!
Content de savoir que Géraldine va bien.
Bon, t'as rien à foutre ou quoi, Patraque te donne pas de boulot????
Oui, je sais, mais bon, et Passemoilepin, faut t'en occuper, il grimpe dans les sondages le blaireau!
Bon, je raccroche , j'ai une tête de veau sur le grill
Salut!!!!

Elle jette le combiné avec rage!

-Il m'emmerde l'Anicet Paskidi, ferait mieux de s'occuper d'son avenir!
Je veux zêtre président, nananana, oui mais, l'autre, le Passmoilpin, il grimpe!!!!!

-Je pense , madame la directrice de la police judicieuse que notre ministre de l'intérieur est un bon ministre.

- Bon, au lieu d'jouer les faux culs, lève le donc et trouve moi ce micro film de merde.

La beauté d'Hidelgarde contraste avec son langage de charretier.

Le commissaire se lève.
Hidelgarde le suit jusqu'à la porte et lui donne une grande claque sur les fesses, sous l'oeil médusé de Phil Dhou.

- Et je veux des résultats, bordel de merde!!!!!!


Chapitre VIII



Alerte générale !!!!!!!!!
Alerte générale !!!!!!
Branle- bas de combat !!!!!!

- Bordel, kiss passe, un attentat????????

Hidelgarde, le regard noir, semble un rien contrariée .

-Pire que ça madame la directrice de la police judicieuse, pire que ça!!!!!!

-Alors quoi bordel?

- Le ministre , le ministre, il arrive !!!!!

- Du calme commissaire , pas de panique.....
Les chiottes sont propres au moins?

- Phil, va vérifier!!!

Trois cent journalistes armés d'appareils photo et caméras pénètrent sauvagement le sympathique commissariat.
Anicet Paskidi, sinistre de l'intérieur entre à son tour, le nez droit et le menton relevé.

- Mes respects monsieur le ministre d'état, fayotise Hidelgarde.

Le commissaire Dèfaice lui lance un regard ironique et rieur.
Tout le petit monde du commissariat se garde à vouze , le petit doigt sur la couture du pantalon.
Les journalistes mitraillent comme des fous tout ce qui bouge.

Anicet commence un discours :

- Soldats de la république!!!!
Votre tâche est rude, je sais, mais bon, faut se remuer et nettoyer au karcher à fond, à commencer par vos chiottes qui sont crades!!!!!!
Bon, si y'a pas de questions, madame la directrice, j'aimerais vous parler en privé.

Les journalistes mitraillent encore et encore et se font virer sans ménagement.

- Si vous voulez bien me suivre monsieur le ministre.
je vous présente mon adjoint, monsieur le commissaire Dèfaice, qui est confronté à une affaire peu banale.

- Bien commissaire, et bien, nous allons en parler, puisque je suis là.

Hidelgarde laisse entrer le ministre et Dèfaice et ferme la porte de son bureau avant de s'asseoir dans son fauteuil en cuir noir comme son regard furibard.

-Mais, qu'est c'que tu viens nous faire chier bordel, on est en plein boulot je t'ai dit??????
Y'a pas assez de commissariats, faut qu'tu viennes ici, merde alors!!!!!!!!!!!!

Le commissaire Dèfaice est tétanisé comme du pastis de Marseille.

Bon, rèfaice, au lieu de faire cette gueule de carpe qui vient d'être pécher, explique ton blème Ducon!

Le ministre baisse la tête et murmure:

- Hidelgarde, ça te dirait des tripes au vinaigre synthétique pour samedi?

- Ok, va pour les tripes.

Depuis des lustres, les Paskidi invitent Hidelgarde à manger les tripes au vinaigre .
Toujours le même cérémonial.
Géraldine et Hidelgarde, installées sur le canapé devant canal plus regardent le foot, pendant que Anicet prépare le précieux mets.
Entre Hidelgarde et Anicet, une amitié, juste une amitié.
Anicet, l'homme le plus craint de France , aime les servir avec soumission .

Le commissaire roule des yeux de merlan frit à l'anglaise.
Décidement, sa patronne lui plaît de plus en plus.

- Ducon peut venir aussi?
- Mais oui, Hidelgarde et tiens, j'inviterai Jules.
- Patraque, il va nous gâcher la soirée, bougonne Hidelgarde.
-Mais non et puis Cassecouillette est en pèlerinage, il va pouvoir se lâcher!!!!!

- Ok, on se fait une bouffe à quatre alors, Géraldine va bien?
- Très bien, très très bien!!!!
Bon, commissaire Ducon, pour votre affaire, on verra ça plus tard, j'ai du nettoyage à karchériser!!!!
A samedi les enfants , termine-il en se levant


Chapitre IX



Jules Patraque, président de la république, aime bien ces petits repas entre ennemis.
Bien sur, il déteste Paskidi et pourtant sa compagnie lui plaît.
Ras le bol de tous ces faux culs, de ces flatteurs , il lui faut de l’insolence !!!!!!

- Tu ne m’attends pas , jette-il au chauffeur , ce soir, je m’amuse !!!!!!
-Je vous comprends président , quand Cascouillette n’est pas là…
- Allez barre-toi, insolent et vire moi les gardes du corps, je veux être tranquille bordel !!!!

Paskidi prépare avec soin les tripes au vinaigre, son péché mignon.
Géraldine le regardant avec hauteur :

- Magne un peu, blaireau, Patraque va bientôt rappliquer !
- C’est presque près ma chérie…

Le timbre délicat mais néanmoins audible de la sonnette retentit.

- Ah, le voilu le voila le vieux con !
- Anicet, on ne parle pas comme ça de son président !

Elle ouvre la porte au grand homme !

- Bonjour Jules, oh, fallait pas !!!!!
Deux packs en plus, et de la kro de luxe, zavez fait une folie !!!

- Mes hommages madame Paskidi, ton jeune con de mari est au fourneau ?
- Et non, Président, le jeune con est derrière la porte.
- Ah, salut monsieur le ministre de l’intérieur, alors, les tripes sont cuites ?
- Oui et ça va triper grave !
Merci pour la bière, mais bon, pour la fumette, on fait comment ?

Le président sort de sa poche un précieux paquet.

- Ciboulette séchée, ça te va voyou ?

- Super , tiens, promis, je vote pour toi aux prochaines présidentielles !

Le timbre délicat mais néanmoins audible nous la joue le facteur sonne toujours deux fois.

- Laissez, je vais ouvrir, dit le président.

Le commissaire Dèfaice et Hidelgarde Havu patientent à l’entrée du sympathique pavillon dix neuf pièces cuisine salles de bain avec eau chaude.
La porte s’ouvre et Jules , le sourire large jusqu’aux oreilles lance un entrez des plus tonitruant.

- Mes respects monsieur le président s’exclament en chœur Hidelgarde et Dèfaice !
- Allez pas de chichis, tiens je te fais la bise Hidel !
Il donne une violente claque dans le dos de Dèfaice.


- Et toi , le soldat de la république, en forme !!!!!

***

Les tripes grésillent dans la poêle et Anicet sert avec précaution ses invités.

- Ah tes tripes, super la sauce au vinaigre !!
Tu ferais mieux d’laisser tomber la politique, comme ça, tu f’rais moins chier ton président !
Au fait, l’Dominique Passemoilpin, l’a repris du poil de la bête, fais gaffe, il va te coiffer sur le poteau.

- Pas de danger Jules, avec son contrat dernière débauche, il est mal le gamin !!!!
Je vais le laminer à fond les bretelles le beau parleur !!!!

Jules Patraque se gratte distraitement le nez.

- Et si je me représentais !!!!!

Les tripes s’affolent …

- Fais pas le con Jules, fais pas le con, t’as fais ton temps, alors , laisse la place au jeune bordel !

Le président à Géraldine :
- Regarde comment il s’excite ton merlu, faut qu’il se calme sinon, ça va tourner au vinaigre, merde alors !

- Tiens , en parlant de vinaigre, bouffe !
Et il lui arrose copieusement ses tripes de sauce !!!!

Le commissaire Dèfaice regarde amusé les grands hommes se taquiner.
Pourtant, un soupçon d’angoisse l’envahit.
Ce diner chez les Paskidi l’inquiète.
Hidelgarde semble insouciente, même s’ il devine chez elle comme un embryon d’ébauche d’anxiété.

Géraldine :
- Anicet, tu vas chercher le fromage et fissa !!!!

le dernier a de fissa est couvert par un bruit d’enfer , suivi d’un cri autoritaire !

Et merde pense Dèfaice, les emmerdes continuent !



Chapitre X




- Mains en l’air et vite fait !!!!!

Le commissaire Dèfaice est presque soulagé.
Au moins, il ne s’est pas inquiété pour rien, de plus, il fait confiance à Jean-pierre pour le tirer de là sans trop de bobo.
Les mains se lèvent comme à l’assemblée nationale.
Les deux hommes en cagoule rose parme n’incitent pas à la rébellion.

- Et bien, que du beau monde, on pensait pas vous voir Président, c’est sympa d’être venu.
- Si ma présence vous est agréable, c’est déjà ça !
Une kro les gamins ?

- C’est pas refus Jules, on étouffe sous nos cagoules !

Paskidi avec un air froid :

- Enlève la Ducon !

- C’est pas une mauvaise idée…
Il l’enlève d’un geste rapide .

- T’es con ou quoi , proteste l’autre, ils vont nous reconnaître !
- Ben, si on les bute, pas de blême !

Le président d’ajouter :
-Ben oui, pas de blême !

Maximilien Vertonsite , terroriste multicartes, bosse dans le métier depuis dix ans maintenant.
Son professionnalisme exacerbé lui a ouvert toutes les portes et bon nombre de groupuscules l’embauchent en CPE ce qui le rend parfois un rien irascible.

Son comparse, Ivan Detoupourpachère est un garçon très méthodique qui aime satisfaire le client , pour un prix compétitif.
Leur mission, récupérer un micro film et buter tous les témoins.

- Bon, ordonne Max, on se lève et on suit le monsieur.
On va s’offrir une tite balade genre Mont Saint Michel, à part que l’archange, c’est moi !
Allez, debout les morts !!

- Pauv’e con, si tu crois que tu m’impressionnes avec tes blagues à deux balles blaireau !
- Ecoute Jules, j’ai bien envie de te buter ici, avec affection , cela va sans dire !
- Et ma moquette, vous pensez à ma moquette !!
- Toi, ta gueule la rombière, c’est ta meuf Anicet ?
Ben dis lui d’la fermer sinon ça va raisiner jusqu’au plafond !

Géraldine , Anicet, Jules, Hidelgarde, Dèfaice et les deux autres montent dans un fourgon gris et cafardeux.
Le commissaire se dit que Jean-Pierre devra faire preuve d’une grande imagination pour les tirer d’affaire, d’autant qu’avec sa grippe …
Une vieille chouette ulule sur le toit de la maison des Paskidi.

- Tiens, murmure Jules, Cascouillette qui est revenue de pèlerinage !
Le fourgon roule dans une nuit sans lune.

Ivan, le regard dur, pointe son pistolet mitrailleur sur nos amis .
- Allez, faîtes moi plaisir, bougez un peu que j’en dessoude un, comme ça pour le fun.

Max s’amuse des petites taquineries de son collègue de boulot.
Toujours à chambrer les victimes avant de les abattre, c’est son côté humour noir à Ivan.
Le fourgon s’engage dans un chemin de ferme, avec odeur d’ensilage en option.

- Bon, on arrive les amis, vous allez vous plaire ici, un vrai château !

- Une vieille ferme avec un vieux chien souffreteux, notre dernière demeure sans doute, soupire Paskidi.

- Y’a un côté positif dans c’t’affaire Anicet, c’est qu’ils vont te descendre aussi.
- Vous êtes dur Président !
- Toi la vioque, ferme ta gueule !

Le président se lâche, terminé les mondanités, la mort est au bout du chemin, alors, les flagorneries sucrées , plus rien à foutre.

Hidelgarde lance un regard qui en dit long sur la situation à Dèfaice.

- Bon, bougonne Max, installez vous dans la chambre , y’a des puciers pour deux.
Yvan va vous filmer demain matin et on vous butera ensuite tranquillement, ne vous inquiètez pas !
Mais, pas avant d’avoir reçu le micro film !

- Si y’a un couillon qui leur donne ce putain de film, je rétablis la peine de mort et le guillotine à l’égoïne !!!!
- Du calme Président, on va s’en sortir, rassure Dèfaice.
- Avec l’autre blaireau qu’a la grippe, j’en doute, enrage Paskidi.



Chapitre XI



Le commissaire Défaice a du mal à trouver le sommeil .
La proximité Hidelgarde le trouble et provoque chez lui une vague excitation qui contraste fortement avec leur situation désèspérée.
Hidelgarde qui dort sur le matelas à côté ronfle avec délicatesse.
Le président médite et regrette d’avoir gâché sa vie avec Cascouillette, un mariage de raison entre bourgeois de la haute société, la France d’en haut comme disait son ancien premier sinistre, Jean-Pierre Ragondin.
Le commissaire tente une caresse sur le corps endormi Hidelgarde ce qui provoque chez elle, un ronfflement plus aigu .


- Vas –y Commissaire, demain tu seras mort, rigole Patraque.

Hidelgarde se retourne et murmure :
- Ben alors Ducon, obéis à ton président !

- Vous en faites pas pour moi, je ferme les yeux, rigole Jules.
- Nous aussi prommettent en chœur Géraldine et Anicet .

Après mille et une mignoteries , le commissaire entreprend l’ascension du doux mont de Vénus et piolet à la main, marque son territoire en soufflant comme un crossman.

La porte s’ouvre brutalement juste au moment où nos amis rendent les armes.

- Et bé, on s’emmerde pas ici, t’as pas honte , devant ton président, s’offusque Max

Le commissaire se rajuste vite fait et soupire :

- Va te faire foutre !

- Bon, on va vous filmer, alors, un peu de tenue bordel.

Ivan , un flingue dans une main, un numérique dans l’autre fixe pour l’histoire, les derniers instants des grands hommes en insistant avec un manque de tact évident sur le beau corps quasi dénudé d’Hidelgarde.

- Avec de prestigieux otages comme vous, si on récupère pas le micro film, c’est à désespérer de la profession.
- Tu sais Max, ça va presque me chagriner la boite à tristesse de buter ce beau monde, enfin, le boulot , c’est le boulot.
Bon, pour la procédure, j’ai besoin de connaître vos préférences en matière d’exécution.
Président, une balle dans l’oreille, ça vous dit ?

- Tant qu’à choisir, je préfère dans la tête, suis déjà un peu sourd, alors, j’ai peur que ça s’aggrave.

- Bon, je note, pour monsieur Patraque, une balle dans la tête une !

- Et pour Paskidi, dans le tiroir à saucisses si ça vous fait plaisir.
- Vous êtes dur président !
- Me fais pas chier Géraldine !

Le président se lâche encore et encore, ras le bol d’être sympa, de serrer des mains, quand c’est la fin, c’est la fin.

Ivan reprend :

- Bon, pour les autres, même menu ?

Le commissaire hausse les épaules !
Paskidi tire la langue !
Géraldine fait un geste incompréhensible avec son méduis.
Hidelgarde ronronne !

- Bon, si tout le monde est d’accord, on commence dès réception du micro film.
Je vous remercie de votre collaboration et vous souhaite une agréable fin de vie.

Patraque ironise :
- Merci , c’est un plaisir d’être assassiné par un gentleman !

- Je vous en prie, je ne fais qu’appliquer le code de déontologie de la profession.

- Bon, je publie la vidéo sur le net et je vous tiens au courant de la suite des évènnements.
- Il touche sa bille le Max en informatique, moi, je suis plus travail manuel, si vous voyez ce que je veux dire …
Il part dans un grand rire sarcastique !

-Allez, soyez sages les amis, on repasse tout à l’heure…
Et Ivan d’ajouter :
- Pour vous repasser, ça va sans dire !

Le commissaire Dèfaice réfléchit longuement.
Ce putain de micro film commence à lui courir sur la prostate.
Ce professeur Kalbourdon a du inventer une arme terrifiante , genre truc de destruction massive.
Pourquoi s’est-il jeté par la fenêtre.
Son appart a été fouillé par le service « Kicherchetrouve » et rien, pas le moindre morceau de micro film.

- Ah mais bon Dieu mais c’est bien sur !

Géraldine :

- Ki vous arrive commissaire ?
- Hidelgarde, je sais où est le micro film !!!!
- Ah bon…
- A la morgue !

-A la morgue, répètent en chœur nos héros.

- Le professeur Kalbourdon avait un tatouge sur la fesse gauche, c’est dire ses tendances politiques.
Je suis certain qu’il s’est fait glisser le micro film sous la peau.
Le tatouage représentait un homme avec un entonnoir sur la tête.

- Mais merde alors, c’est quoi ce micro film de merde, bordel, s’impatiente Patraque.
- Un terrible secret , sans aucun doute, un terrible secret , murmure Dèfaice en remuant la tête de gauche à droite et de haut en bas comme les smileys pas content.
Le professeur Kalbourdon a dû faire une découverte de louf et dépassé par les conséquences , il a préféré se donner la mort .

- Une tragédie comme la salade s’exclame Géraldine !
Paskidi :
- La salade ?
- La salade grecque Ducon, rigole le président de France.

Hidelgarde :
- Faut absolument sortir d’ici, je ne veux pas claboter sans connaître cette putain de découverte.
Je compte sur toi Dèfaice, bouge toi un peu, t’es plus nerveux comme alpiniste Ducon.

- On peut leur jouer un remake des révoltés du Bounty, mais bon, on risque d’y laisser des plumes, propose Dèfaice.

La porte s’ouvre

Max :
- Chers amis, pour votre confort, la maison vous offre ce charmant téléviseur de chez Pout !
Choisissez bien, choisissez Pout !
On va pouvoir regarder ensemble comment réagit le petit monde politique à votre enlèvement.

Ivan :

- Allez c’est déjà l’heure des infos, ça passe vite dans ces bouquins à la con !

Partrick Parledabor, la mine de chien battu, apparaît sur l’écran, devant la photo présidentielle.

- Salut les copains copines !
La France est sous le choc !
Le pays tout entier tremble d’angoisse pour son président tant aimé.

Jules :
- Quel faux cul !!!!
- Ecoute merde,
- Sois poli Anicet, t’es pas encore président !

La voix grave de Parledabor continue :
Le président de la République a été enlevé hier soir, au domicile d’Anicet Paskidi par un redoutable groupe terroriste.
Les revendications des preneurs d’otages devraientt être révéléespar Dominique Passemoilpin dans quelques minutes.
Le rappel des faits, Elisabeth Cominane.

Une femme au visage grave attend que le décalage satellistique l’autorise à s’exprimer.
Le pavillon dix neuf pièces et salles de bain en toile de fond, elle commence le terrifiant résumé des évènements.

Patrick Parledabor :
- Babeth, ferme ta gueule deux minutes, y’a Passmoilpin qui va faire une déclaration.
- Ok , c’est toujours la même chose, enfin…

Le visage grave et la cravate assortie, monsieur Dominique Passmoilpin tripote le micro à l’instar d’Hidelgarde dans les lignes précédentes.

- Françaises Français !
Ducons ! Duconnes !

La république est en danger !
La république a été violée par l’esprit du mal !
La république est à genoux mais elle se relève !
La république plie mais ne rompt pas !

- Qu’il es con, c’est pas possible !
- Pour une fois, t’as raison Paskidi !

- Le président de la République Française est aux mains de dangereux terroristes qui exigent le mot de passe ( eksassote) et la valise nucléaire de pépère en échange de sa libération.

Max :
Mais, c’est quoi ces conneries, onn'a jamais demandé ça, il est grave ce blaireau !!!

- De plus, mes chers concitoyens, une rançon de 4587958754698745 milliards d’euros est exigée par les méchants.

Max :
- Il est fou ce type, on veut juste le micro film !!!!

- La France ne peut et ne doit céder au chantage !
Je devine le cri du président :
Ne cédez pas !!!!

- j’ai dit ça moi, faut qui change de suppo pour le cervelet l’domi !

- la France ne cèdera pas et le sacrifice du président sera un exemple de résistance à l’oppression pour la nation entière !!!!!

- Putain, grogne Paskidi, il va grimper dans les sondages !

- Sacrifice, il m’enterre un peu vite !!!

- Max :
A qoi il joue ce con, on est mal nous !
Nos employeurs vont croire qu’on veut les doubler, on va se faire sulfater, c’est sûr.

Dèfaice :
- Désolé pour vous les gars, mais on est tous couillons dans cette merde.
Passmoilpin se débarrasse d’un coup de deux concurrents potentiels , quand au micro film, y’a que moi qui sais où il est , na !

Max en pleurs :
- De toutes façons, on est foutus, on va se faire buter Ivan, dans le métier, les p’tits boulots au noir, c’est très mal vu.
Quel salaud quand même !!

- Je vous propose un marché si madame Havu est d’accord ?
- Pas de blème, ton Anapurna te fait confiance !
- Vous nous laissez partir et en échange, on vous oublie !
Ivan :
- On vous bute plus alors ?
Max :
Pas question, on les bute, merde alors, le boulot, c’est le boulot !!!

Le président Jules Patraque se lève lentement et s’approche de Max :

- Bon, ça va , on stoppe les conneries !
Un coup de tête présidentiel déguise en clown à nez rouge le beau visage du terroriste international .
Ivan pointe son pistolet mitrailleur vers lui, mais Jules Patraque, président de France lui arrache des mains et le brise en deux .

- Approche toi Ivan , hurle le grand homme sous l’œil médusé de l’assistance :
Ivan s’approche et reçoit un coup de boule qui l’envoie sur les genoux d'Hildelgarde.

Hidelgarde :
- Il est mignon Ivan, je peux l’essayer monsieur le président ?
- Pas sur qu’il soit opérationnel, ironise Jules !

Le commissaire Défaice attache vite fait bien fait les deux blaireaux .

- Tout est bien qui finit bien, il va en faire une gueule le Domi !
- Ah Paskidi, t’es un ange comparé à ce faux cul !!!!!

- Je préviens le Génideugène et je cours récupérer le micro film.
Pr&eacu

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