Pauvre gardien !

Pauvre gardien !

 

C’est le gardien des p’tites mémères

Qui râlent du matin au soir,

Même quand il passe la serpillère,

Elles le critiquent, ah, y’ en a marre !

 

Il manie pourtant le balai,

Avec une grande dextérité,

La résidence est un palais

Grace à ses petits doigts de fée.

 

Faut le voir sur sa belle tondeuse,

Coiffer l’gazon avec amour,

Sous le regard des vieilles grincheuses,

Qui l’insultent dès le petit jour.

 

Et quand il nettoie les carreaux

Des portes vitrées si jolies,

Elles lui balancent des seaux d’eau,

En mugissant comme des furies.

 

Quand il désherbe les rosiers,

Il reçoit divers projectiles,

Parfois des morceaux de dentiers,

De la part des douces séniles.

 

Ce brave  gardien si sensible

En devient tout neurasthénique,

Il faut avouer que c’est pénible

Cette attitude très tyrannique.

 

Il subit pourtant son calvaire,

La tête haute, le reste aussi,

En se disant que les mémères

De son corps ont sans doute envie.

 

L’amour rend les femmes cruelles,

Tous les poètes vous  l’écriront,

Qu’elles soient fraîches ou un peu moins belles,

Les « Je t’aime » deviennent  vite juron.

 

C’est la complainte des p’tites mémères

Qui râlent pour l’éternité,

Après l’gardien du cimetière,

En soupirant d’insanités.

 

Ju’âne Pedro

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