Poème narcissique

Tais-toi !

Tais-toi Jean-Pierre,
Tu cries trop fort,
Je n'entends plus les voiles
Qui claquent dans le port.
Tais-toi Jean-Pierre,
O tu as tort,
L’inaccessible étoile
S’envole avec l’aurore !

Bien sur Victor Hugo
Et puis le jeune Rimbaud
Se débrouillent pas si mal.
Mais le soudeur de pots
Qui jouent avec les mots
Est certes phénoménal !
Pas besoin de talent
Il suffit simplement
D’afficher sa culture,
L’encéphale fournissant
Un peu de tout venant
Pour masquer la roture.

Tais-toi Jean-Pierre,
Tu cries trop fort,
Je n'entends plus les voiles
Qui claquent dans le port.
Tais-toi Jean-Pierre,
O tu as tort,
L’inaccessible étoile
S’envole avec l’aurore !

Les propos péremptoires,
Tout en clichés notoires,
Se tricotent à l’envie.
Les certitudes embrochent
Les jeunes et vieilles caboches,
J’ai raison et pas lui.
Les mots dansent dans le vide
Des valses intrépides
Dans un rythme  frénétique.
L’écriveur de basse-cour
Jouant les troubadours
Finira hystérique.

Tais-toi Jean-Pierre,
Tu cries trop fort,
Je n'entends plus les voiles
Qui claquent dans le port.
Tais-toi Jean-Pierre,
O tu as tort,
L’inaccessible étoile
S’envole avec l’aurore !

Il prend de graves postures
Car son cerveau carbure
Au sans plomb frelaté.
Ce n’est point sinécure
D’assumer l’envergure
D’une œuvre fort inspirée.
Qu’il est bon d’admirer
Son visage buriné
Dans la flaque boueuse.
Moi Narcisse prolétaire,
Au QI très primaire,
J’ai la folie heureuse !

Tais-toi Jean-Pierre,
Tu cries trop fort,
Je n'entends plus les voiles
Qui claquent dans le port.
Tais-toi Jean-Pierre,
O tu as tort,
L’inaccessible étoile
S’envole avec l’aurore !

Jean-Pierre et Pascal

 

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