Lucky la poisse

Lucky la poisse Le curé dans son homélie Trace un long portrait émouvant De celui qu’on appelle Lucky, Homme au destin très éprouvant. Si vous voulez connaître l’histoire De ce bien malheureux garçon, Alors laissez vous émouvoir Et écoutez cette chanson. En rentrant d’la maternité, Ses parents contents et joyeux, Ignorant le passage clouté, Sont brutal’ment rapp’lés à Dieu. Pris en charge par l’orphelinat, Il devient le souffre douleur Des garnements du pensionnat, Teigneux, railleurs et querelleurs. Bien sur, forcément à l’école, Quand une bêtise est impunie, C’est toujours pour lui la torgnole, Même si de toutes ses forces il nie. Et l’instit le frappe sur la tête, Ce qui n’arrange pas son cerveau, Ça fait comme un bruit de clochette, Dans une env’loppe de tête de veau. Ado fragile couvert d’acné, La démarche gauche, le dos voûté, Il est bien loin de fasciner Les super canon, les beautés. Et quand l’une d’entre elle le cajole, Cède à ses tendres propositions, C’est pour lui r’filer la vérole, La syphilis et des morpions. Fou de joie il gagne au loto, Le gros pactole, adieu la guigne, Mais sa copine pique le magot, Attitude cupide et indigne. Elle s’est envolée vers les îles, Les plages dorées, les hauts palmiers, Avec son meilleur pote Emile, Inimaginable, quel fumier ! Elle lui laisse quelques gonocoques Et autres sympathiques petites bêtes, Contrarié de rage il suffoque, Une forte et violente prise de tête. Entre temps la boîte où il bosse S’offre un minuscule dégraissage, Bien entendu « dilemme atroce », C’est notre héros qui déménage. Pour le réconforter un peu, Ses collègues l’invitent à dîner, On lui tient un discours pompeux, On se dit triste et très peiné. Sont-ce les moules ou bien les crevettes, Il est pris d’une brutale diarrhée, Il se précipite aux toilettes Les fesses très fortement serrés. Quand-il revient la mine défaite S’asseoir avec ses camarades, Il chancelle et ceux-ci s’inquiètent De le voir soudain’ment malade. Ils l’emmènent vite fait aux urgences, On l’examine, l’ausculte, le pique, Il finit par perdre connaissance Avant d’entendre le diagnostic. Il se réveille tout en douleur, Un chirurgien dans l’embarras Lui avoue que c’est par erreur Qu’on lui a coupé les deux bras. Par contre, ajoute-t-il, sa jambe gauche Reste quasiment utilisable, Quand à l’autre avec une bonne broche, Elle est peut être réparable. Sa copine apprenant le drame, Prise de remord lui rend visite, Et s’écroule inondée de larmes, Puis violemment s’emporte, s’irrite. Faut demander réparation, Faut qu’l’hôpital crache du pognon, Son unique préoccupation : L’indemnité d’son compagnon. Et la brave fille, au tribunal, Offensive et très volontaire, Défend les intérêts d’son mâle Et obtient bien plus qu’elle n’espère. Et une fois l’argent encaissé, Avant d’retourner sur ses îles, Elle pousse son homme dans l’escalier Qui expire en amant docile. Ses potes suivent son enterrement Avec beaucoup d’désinvolture, En plus il pleut, c’est dépriment, Ça casse l’ambiance d’la sépulture. Et puis les allées du cim’tière Sont glissantes, glaiseuses et boueuses Au risque de faire tomber par terre Les allures fauss’ment douloureuses. Voilà vous connaissez l’histoire De notre ami Lucky la poisse, Vous pouvez sortir vos mouchoirs, Le mélo est très efficace. Souhaitons au pauvre Lucky, Une mort tranquille et éternelle, Un long sommeil doux et exquis, La tranquillité perpétuelle. Jean-Pierre Georget
Commentaires (2)

1. JP 25/09/2005

Merci Orlande.
C'est de famille tu sais...

2. orlande 25/09/2005

t'es très doué et fin psycologue!!

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