La rivière

                    La rivière

C’était une belle rivière à l’eau claire et limpide
Dans laquelle les enfants aimaient tant se baigner
Et construire des cascades et des petits rapides
Sous les yeux de bovins à la mine renfrognée.

Hélas sans prévenir de maudits bulldozers
Ont creusé rageus’ment et massacré ses rives
Et l’eau claire et limpide de la petite rivière
Est devenue eau morte, ennuyeuse et captive.

On planta des sapins, intrus dans la forêt,
Qui masquent désormais les feuillus d’origine,
Qu’il était beau l’barrage, tout neuf, coulé de frais,
Pour le village c’était, certes, une superbe vitrine.

Plus récemment encore, pour couronner le tout,
Plantés dans les chemins qui longent le plan d’eau,
D’affreux bancs en plastique, oh comble du mauvais goût,
Font sans doute le bonheur d’une poignée de badauds.

Le gros serpent boueux, paresseux et sans charme,
De plus est envahi de végétaux douteux
Car, lamentablement, il s’envase ; comme seule arme,
Un nettoyage complet qui s’avère fort coûteux.

Alors on laisse tomber le site prestigieux,
Abandonnant cette oeuvre à son bien triste sort
Qui se vide lentement, laissant un fond spongieux,
Recouvert d’herbes folles, quel superbe décor !

Il a bien triste figure, le bel et fier ouvrage,
La petite rivière a retrouvé son lit,
Elle coule bien tristement entre ces marécages,
Maudissant les bipèdes et toutes leurs folies.

Et si sans prévenir les maudits bulldozers,
Revenaient façonner ses jolies rives d’antan,
Réparant enfin ce qu’ils ont détruit hier,
Remplis d’humilité, honteux et repentants.

C’était une belle rivière à l’eau claire et limpide
Dans laquelle les enfants aimaient tant se baigner
Et construire des cascades et des petits rapides
Sous les yeux de bovins à la mine renfrognée.

                        


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