La chanson de Darwin

La chanson de Darwin

Avoir un ancêtre commun avec le singe
Peut, j’avoue, nous paraître un rien déconcertant,
Notre image d’humain si fier de ses méninges,
Est rabaissée d’un coup et fort brutalement.
L’affaire a fait grand bruit dans les parcs et zoos
Où de braves primates cohabitent sans souci,
Les hommes affirment-ils nous prennent pour des zozos,
Pourtant nous sommes cousins, c’est Darwin qu’il le dit.

Certes il est bien commode et bien sûr plus flatteur
Pour notre suffisance être produit de Dieu,
Un être supérieur, un gentil créateur,
Qui nous aurait sculpté un soir au coin du feu.
Mais à mieux regarder, un certain dirigeant,
En s’agitant confirme la thèse de Darwin,
Comm’ quoi les chimpanzés à l’instar des braves gens,
Sont d’une même famille, cousins et puis cousines.

Ils s’activent fébriles, derrière des grilles de fer,
Un spectacle amusant de nombreux visiteurs,
Comme leurs potes humains savent si bien le faire,
A la télé le soir, au journal de vingt heures.
Ils se cherchent des puces en se montrant les dents,
Comme nos politiques, tout en jouant les pitres,
Ils tapent énervés sur leur gamelle, bruyamment,
Comme nos députés frappent sur leur pupitre.

Libérez donc les singes de la folie des hommes,
Laissez les vivre libres en notre paradis,
Car puisque, n’en déplaise aux joueurs d’harmonium,
Nous sommes tous des frères, c’est Darwin qui le dit.
Avoir un ancêtre commun avec le singe
Peut, j’avoue, nous paraître un rien déconcertant,
Notre image d’humain si fier de ses méninges,
Est rabaissée d’un coup et fort brutalement.

Ju'âne Pedro

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