L'orthographe

 

                                L' ORTHOGRAPHE  ou   L’ AURTOGRAFFE

 

Ecoute !!! 


Ah qu’il est difficile, d’écrire le moindre texte
Sans qu’un œil pointilleux, dans un mauvais réflexe,
D’un batt’ment de paupière, à tout jamais nous vexe,
Nous signalant l’oubli, d’un accent circonflexe.


Pauvre gentil Roméo, écrivant un poème
Evoquant les oiseaux et d’autres jolis thèmes,
« Cinq fautes ? » « Oui ! En cinq mots ; ‘’ ô jus liette jeux t'ème ! '                                 

         Sa belle le répudiant, en criant au blasphème.

Le brave jouvenceau, pourtant fort et viril,
Voyant sa jouvencelle, le prendre pour un débile,
S’écroule, noyé de larmes, douleur indélébile,
Mettant fin, dépité, à cette tendre idylle.

A cause de simples fautes, bénigne d’orthographe,
Belle amourette meurt ; et en guise d’épitaphe,
Cupidon écrivit, avec son stylographe :
« A bas l’académie ! » Signé d’un autographe.

« Retraite ! » Retraite aux vieux, barbons vêtus de vert,
Nous imposant d’écrire, les mots à leur manière,
Bannissant fermement et très autoritaires
Le moindre petit écart, dans la langue de Molière.

Quant à vous professeurs et autres intégristes
Torturant sans vergogne, les collégiens si tristes,
Allergiques aux accords, « Vous ! Cancres récidivistes »,
Vous gagneriez vraiment, à être plus fantaisistes.

Et ceux qui nous reprennent, avec impertinence,
Quand nous nous exprimons, avec grandiloquence,
En nous trompant de mot, par simple inadvertance,
« De grâce ! » Qu’ils nous laissent, à nos insuffisances.

« Au diable l’orthographe !!! » Oui nous, pauvres prolétaires,
Ecrivons notre prose, nos rimes ou simples vers
Sans nous soucier d’savoir, combien il faut de R,
D’accents ou minuscules, pour le vocabulaire.

Luttons ensemble unis, contre l’infâme dictature
De ces accords pervers, sournoisement obscurs
Et autre subjonctif et antérieur futur,
Donnant à nos cerveaux, de sérieuses courbatures.

Militons donc tous pour, écriture phonétique,
Chacun jouant sa gamme, sa petite musique,
Sans craindre le fielleux, sourire sarcastique
Du roi de la dictée, prêt à lancer ses piques.

Et alors  « Camarades », armés de nos stylos,
Sans complexe et au risque, de passer pour des sots,
Ecrivons en Français, en Verlan, en Argot,
Ignorant l’orthographe : des mots d’amour si beaux.**

 

 

 

Paroles de Jean-Pierre Georget, Guitares et Chant Patrick Hargous et Eric Sevry

 

         

                                

 

 

 

                                                          

 

 

                             

 

                                                         

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