Gaïa

               

 

Gaïa

 

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Qu’il prenne garde à mes colères !

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Vais le virer par Jupiter !

 

 

Quand il est arrivé, tout discret, tout timide,

 

Je lui ai fait confiance, il avait l’air candide,

 

Maladroit et bien loin de jouer les caïds,

 

A l’époque je l’avoue, je n’étais guère lucide.

 

 

Certain’ment qu’au début, il était plutôt sage,

 

Pour survivre il  fallait volonté et courage,

 

Il affrontait sans peur les animaux sauvages

 

Qui en ces temps lointains ne vivaient pas en cage.

 

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Qu’il prenne garde à mes colères !

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Vais le virer par Jupiter !

 

 

Cela n’a pas duré, il est vite devenu

 

Un tyran sanguinaire, cruelle déconvenue,

 

Et moi  bernée, trahie, moi la pauvre ingénue,

 

Je n’ai pas osé rompre ce bail convenu.

 

 

Alors il a souillé mes plus beaux océans

 

Et détruit mes forêts inexorablement,

 

Qu’il soit croyant ou bien le pire des mécréants,

 

L’homme m’exploite à fond et bien cruellement.

 

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Qu’il prenne garde à mes colères !

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Vais le virer par Jupiter !

 

 

Pire, il fabrique des armes à têtes nucléaires,

 

Il pollue sans regret ma précieuse atmosphère,

 

Oubliant que sa vie en devient très  précaire,

 

Il poursuit, insatiable, sa course suicidaire.

 

 

Il envoie dans l’espace des monceaux de ferraille,

 

Il remaquille les villes en béton et grisaille,

 

Ses déchets nucléaires pénètrent mes entrailles,

 

Ce putain de bipède est une vraie canaille.

 

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Qu’il prenne garde à mes colères !

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Vais le virer par Jupiter !

 

 

Je me souviens du temps de ses doux dinosaures

 

Qui paissaient gentiment dans un si beau décor,

 

O souvenirs heureux que je me remémore,

 

Ces souvenirs d’avant ce sombre croque-mort. 

 

 

Car maintenant je tousse, j’étouffe et je crachote,

 

Avec ma  petite mine fatiguée et pâlotte,

 

Je ne tourne plus rond, je me sens bien vieillotte,

 

La faute à ce maudit et  vénéneux despote.

 

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Qu’il prenne garde à mes colères !

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Vais le virer par Jupiter !

 

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Qu’il prenne garde à mes colères !

 

Y’ en a marre de ce locataire,

 

Vais le virer par Jupiter !

 

 

 

 

 

       

 

 

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