Cousin Edouard

 
Mon cousin Edouard



Mon cousin Edouard
Accoudé au bar
Boit son petit noir
Et jette un regard.

La reine du bistro
Aux muscles sculpturaux
Rend quelques euros
A un jeune poivrot.

Une télé bavarde
Et les mines hagardes
D’un œil la regarde
Et de l’autre musarde.

Un juke- box antique
Diffuse une musique
Très soporifique
Qui vient d’amérique.

Une chasse d’eau s’exprime
Un type anonyme
Sort du coin intime
La tête en déprime.

Un cendrier fume
Et provoque une brume
Qui déclenche un rhume
A un vieux légume.

Une âme sans passion
Sort des déjections
D’un nez vermillon
Quelle délectation.

Un chat souffreteux
L’air bien malheureux
Et les yeux vitreux
Se mordille la queue.

Une haleine fétide
S’échappe d’un gros bide
Rempli de liquide
Fermenté, putride.

Mon cousin Edouard
Accoudé au bar
Finit son p’tit noir
Paie et puis se barre.

 

                                            


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