Le barbon, la marquise et les gens mécaniques

Le barbon, la marquise et les gens mécaniques


Madame la marquise,
Au bras de son barbon,
Pénètre dans l’église,
Remuant le téton,
Le ciel est indulgent
Et pardonne volontiers
Véniels égarements
Avec quelques gautiers.

Ferme les yeux vieux barbon,
La marquise s’en va à la chasse,
Ferme les yeux vieux barbon,
Il est temps de laisser la place.

Jeunes gens mécaniques
Sont de fragiles proies
Pour la dame lubrique,
Qui dévore comme louba
Pucelets bas de poil,
Boutonneux damoiseaux,
Galapians au nez sale
Et valets coquardeaux.

Ferme les yeux vieux barbon,
La marquise s’en va à la chasse,
Ferme les yeux vieux barbon,
Il est temps de laisser la place.

D’ainsi se ventrouiller
Dans de débauches honteuses,
N’est certes point apprécié
Par les dévotes piteuses,
Qui baillent au barbon
Le nom des jeunes amants
Risquant la pendaison,
Après moult patiments.


Pardonne donc vieux barbon,
La marquise promet d’être sage,
Pardonne donc vieux barbon
Les galanteries de passage.

La marquise au bon roi
Implore pardon et grâce
Qu’il accorde sans tracas,
Avec beaucoup de classe,
Et dans la couche royale,
De ses assauts gaillards
La dame se régale,
Vive Henri de Navarre.

Au gibet de Montfaucon,
Une silhouette se balance,
On devine le vieux barbon,
Cocu et gibier de potence.

Madame la marquise,
Au bras d’un libertin,
Pénètre dans l’église,
Remuant le tétin,
Le ciel est indulgent
Et pardonne volontiers
Véniels égarements
Avec quelques gautiers.

Ju'âne Pedro

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